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Le créole en expansion à Cuba
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Le créole en expansion à Cuba

Le poète créole, Manno Ejèn, nous a fait parvenir le dialogue ci-dessous entre Nouvelles-Étincelles et le créolier Hilario Batista expliquant la lutte qu’il mène pour que le créole soit reconnu comme deuxième langue à Cuba. Notre collaborateur Mérès Weche qui nous a communiqué cet entretien a jugé bon de le partager avec le grand public dans le cadre du Mois Créole.

N.É- Comment évolue le créole à Cuba ?

Hilario Batista- Le créole est une réalité à Cuba parce que nous le considérons comme notre deuxième langue. Partout sur l’île, il y a des gens qui apprennent à parler le créole. La langue s’est actuellement renforcée grâce aux relations qui se développent avec la Caraïbe. Nous pensons qu’il y a plus de 400. 000 personnes qui parlent ou qui ont conservé la langue créole à Cuba. C’est une langue qui est ancrée dans la culture cubaine. On la retrouve dans la musique, la danse, le théâtre, la cuisine, etc. Plusieurs générations de descendants haïtiens ont conservé la langue de leurs ancêtres. Ils sont très rares ceux qui ne le parlent pas.

N.É- Si je comprends bien le créole est parlé sur tout le territoire cubain ?

Hilario Batista- Il faut reconnaître que le créole est présent depuis Guatanamo jusqu’à Sancti-Spiritus, (pratiquement la moitié de l’île), parce que c’est là où s’est développée la communauté haïtienne qui était venue travailler comme coupeur de canne. Même à Matanzas, troisième grande province de Cuba, le créole est présent, y compris au nord de l’île, à Pinard el Rio.

N.É- Quelles sont les activités que vous menez pour favoriser le développement du créole ?

Hilario Batista – Nous menons plusieurs activités. Au niveau national, il y a plusieurs Maisons de la Culture. C’est un groupe de descendants d’Haïtiens qui a toujours conservé la culture depuis Guantanamo, Camagüey, Holguín et autres. Ils travaillent pour la préservation de la culture. À Cuba, nous avons radio Havane. Elle diffuse une émission quotidiennement en créole, depuis 1962. Ce qui veut dire que le gouvernement cubain lui a toujours donné de l’importance. La révolution cubaine, a eu lieu en 1959 et radio Havane a été créée en 1962. Les premières émissions en créole remontent à cette date. Le créole fait partie de leur langue à travers laquelle sont transmises toutes les réalités de Cuba, des pays caribéens et des pays latinos.

N.É- Le créole a-t-il fait son entrée dans le cursus scolaire de Cuba ?

Hilario Batista- Non, le créole n’est pas encore enseigné à l’école à Cuba, mais malgré tout, il y a quelques ateliers de la langue créole qui existent dans les différentes provinces. L’école où est enseigné le créole n’est pas privée, c’est-à-dire qu’elle est ouverte à tous. Ce sont les membres de la communauté haïtienne, les membres de Bannzil kreyòl qui assurent l’enseignement du créole dans les établissements scolaires de l’État. À noter que la plupart des gens qui parlent le créole sur l’île ne savent pas l’écrire.

N.É- Y’a-t-il de l’engouement pour apprendre le créole ?

Hilario Batista- Oui, il y a beaucoup de gens, surtout beaucoup d’enfants qui adhèrent à l’enseignement du créole. De jour en jour, nous assistons à une augmentation de la participation. Pour l’heure, nous avons besoin de cadres pour répondre à la demande en constante augmentation.

N.É- Quel plage horaire qui est la vôtre sur radio Havane ?

Hilario Batista – Nous avons un programme chaque jour, de 14h30 à 15h. Nous sommes une équipe de trois animateurs, laquelle est composée d’un Haïtien, né en Haïti, d’un Cubain d’origine haïtienne et moi-même, Cubain d’origine haïtienne.

N.É- Quel message voulez-vous faire passer ?

Hilario Batista – Ce qui nous tient à cœur c’est d’ouvrir la voie pour que tous les peuples soient informés sur le fait que le créole est une réalité à Cuba. Cela veut dire que notre objectif est de mener une action conjointe autour du créole avec le concours de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique et toutes les autres îles créolophones de la Caraïbe, pour travailler autour du créole, le conserver et échanger entre nous. Menm si yo ka di ke chak peyi gen-ni yon kreyòl diferan, men an jeneral nou ka konprann nou.

Sources : Nouvelles-Étincelles

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