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Ernst Ileran: A la découverte d’un artisan polyvalent
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Ernst Ileran: A la découverte d’un artisan polyvalent

 

Lord E. Byron

Entre papiers mâchés, fers decoupés et accessoires de table, on aura du mal à cerner la prédilection de Ernst Iléran en matière de création artistique et artisanale. Le natif de Paillant (Commune du Département des Nippes) est tout simplement cet artisan au goût multiple qui n’admet pas de demi-mesure dans sa confection.

Il avait 22 ans, quand il acceptait d’exercer le métier d’artisan. D’aucuns ne s’attendaient pas à un tel choix de sa part. Mais comme la majorité de nos artistes et artisans, il était élevé aux côtés de ceux qui pratiquent ce métier avec acharnement. De là étant, il commençait à nourrir un coup de coeur pour une discipline qui n’est jusqu’ici pas trop prisée en Haïti : Le fer decoupé.

Initié par Malherbe Rubin, un artisan très connu, originaire de Paillant, il allait s’y accrocher avec une telle passion, qu’il ne tardait pas à développer son grand talent en produisant des pièces alliant finesse et imagination. Il n’oubliera pas de si tôt la première grosse commande qui lui était passée: « Il y a plus de 10 ans, j’ai reçu une commande de la part d’un ami qui vivait à Curaçao. 100 000 gourdes, pour des pièces qu’il allait revendre, c’était encourageant pour moi à l’époque », se souvient-il.

A 33 ans, Ernst Ileran, père de trois enfants, est un fin connaisseur du fer decoupé et des accessoires de table. Il rêve d’avoir une école. Ou tout simplement disposer d’un espace où il pourra initier des enfants. « Je crois qu’il nous faut des espaces où des jeunes et des enfants peuvent venir apprendre et pratiquer l’art de leur choix… », se plaint-il.

A Lilavois 37, à un jet de pierre de l’hôtel Le Joubert, il place modestement son atelier. « C’est ici que je travaille, sous le regard de mes enfants et de ma femme, c’est plutôt calme, personne ne me dérange. Je crois que ma femme est l’une des personnes les plus convaincues de cette passion que je nourris pour l’artisanat. Parfois elle me dit « où est passée telle pièce ? » ou « tu ne travailles pas aujourd’hui, pourquoi ? ». « Il ne faut que ça, toute l’attention de la famille, pour toujours se revigorer et poursuivre son chemin dans le métier qu’on exerce avec quiétude », reconnaît l’artisan.

Par ailleurs, Ernst croit qu’en plus de tout cela, l’artisan ou l’artiste doit être encadré par les instances de valorisation et de promotion culturelle. « L’état de par son rôle régulateur doit être en mesure de répondre à certaines exigences envers les créateurs tant sur le plan du droit d’auteur que sur le plan de la promotion. L’un des plus importants à faire, c’est de créer un espace où les travaux peuvent être répertoriés et un environnement assez propice pour favoriser de meilleurs échanges artistiques et culturels entre Haïti et le reste du monde.

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